Introduction

Le Dispositif minimum d’urgence (DMU) en santé reproductive (SR) est un ensemble d’activités prioritaires à mettre en œuvre au premier stade d’une situation d’urgence (conflit ou catastrophe naturelle). Mis en œuvre dans les premiers jours de l’urgence, le DMU permet de sauver des vies et de prévenir les maladies, particulièrement chez les femmes et les filles. Négliger la SR en situation d’urgence a de graves conséquences : décès de mères et d’enfants qu’on aurait pu éviter; violence sexuelle et ses conséquences : grossesses non désirées et avortements dangereux, et enfin, propagation du VIH.

Le DMU constitue une norme pour les intervenants du secteur humanitaire et dégage les éléments de SR les plus importants pour prévenir la mortalité et l’invalidité, particulièrement chez les femmes et les filles, dans les situations d’urgence. Même si les services complets de SR devraient être offerts à l’ensemble de la population, une fois la situation stabilisée, lutter contre la transmission du VIH, prévenir la violence sexuelle, fournir des soins aux survivantes de la violence sexuelle, garantir des accouchements dans de bonnes conditions d’hygiène et l’accès à des soins obstétricaux d’urgence dans les premiers jours d’une crise constituent une priorité, car ces interventions sauveront des vies et
préviendront les maladies.

Pourtant, des évaluations entreprises par la Commission des femmes en 2004 et en 2005 ont permis d’établir que nombre d’intervenants du secteur humanitaire œuvrant dans des situations d’urgence ne connaissaient pas les services prioritaires de SR du DMU à mettre en œuvre dans toute situation d’urgence. En 2004, une évaluation du DMU chez les réfugiés soudanais, au Tchad, a fait ressortir que, pour la plupart, les intervenants du secteur humanitaire n’étaient pas familiers du DMU et, par conséquent, ne connaissaient pas le but global du DMU, ses objectifs clés et les activités prioritaires. Il n’y avait pas de coordonnateur global de la santé reproductive et une seule agence avait identifié un
correspondant en SR.3 En 2005, l’évaluation du DMU par la Commission des femmes lors de la tragédie du tsunami en Indonésie a permis de constater que, même si la moitié du personnel humanitaire interviewé connaissait le DMU, seulement un des 25 travailleurs humanitaires pouvait en définir les priorités, les objectifs et les activités.4

Le DMU, en outre, établit les bases de services de SR complets, lorsque la situation s’est stabilisée et que tous les éléments du DMU ont été mis en œuvre. Toutefois, selon les constatations des évaluations dans la phase subséquente à la situation de crise, il devient évident que le DMU n’est pas une priorité, dans les contextes humanitaires, même si la situation atteint un stade relativement stable. À titre d’exemple, selon une évaluation des services de soins en santé reproductive amorcée en 2003 chez les réfugiés afghans, au Pakistan, seulement six des 18 camps de réfugiés étudiés avaient un correspondant en SR.5 Même si les femmes et les filles représentent 55 p. 100 des deux millions de personnes déplacées en Colombie, il n’y avait aucun correspondant en SR et les agences n’avaient aucunement planifié la mise en œuvre du DMU.6 Se fondant sur ces constatations, la Commission des femmes a préparé le DMU en santé reproductive dans les situations de crise : Module d’apprentissage à distance afin de renseigner et de guider les intervenants sur les questions de santé reproductive en situation de crise.

 

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NOTES

3 Commission des femmes pour les femmes et les enfants réfugiés et Fonds des Nations Unies pour la population, Soins vitaux de santé reproductive: Évaluation du service minimum initial (MISP) de santé reproductive pour les réfugiés soudanais au Tchad: non connaissance et méconnaissance du programme, août 2004.
   
4 Commission des femmes pour les femmes et les enfants réfugiés, Reproductive Health Priorities in an Emergency: Assessment of the Minimum Initial Service Package in Tsunami-affected Areas in Indonesia, février/mars 2005.
   
5 Commission des femmes pour les femmes et les enfants réfugiés, Reproductive Health Priorities in an Emergency: Assessment of the Minimum Initial Service Package in Tsunami-affected Areas in Indonesia, février/mars 2005.
   
6 Marie Stopes International et Commission des femmes, au nom du Consortium RHRC, Displaced and Desperate: Assessment of Reproductive Health for Colombia’s Internally Displaced Person, février 2003.

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