Le Dispositif minimum d'urgence (DMU) en santé reproductive  | But | | | Le but du DMU est de réduire la mortalité, la morbidité et l’invalidité dans les populations affectées par les crises, particulièrement chez les femmes et les filles. Il peut s’agir de réfugiés, de personnes déplacées dans leur pays (PD) ou de populations accueillant des réfugiés ou des PD. | 1. | | Identifier une ou des organisations et personnes, afin de faciliter la coordination et la mise en œuvre du DMU par les moyens suivants :
| |  |  | veiller à ce qu’il y ait un coordonnateur global de la SR qui travaille dans le cadre de l’équipe de coordination des services de santé;
|  |  | veiller à ce que les camps et les organismes de mise en œuvre aient des correspondants en SR; |  |  | mettre à disposition le matériel de mise en œuvre du DMU et veiller à son utilisation.
|  | | 2. | | Prévenir la violence sexuelle et fournir une aide appropriée aux personnes survivantes :
| |  |  | veiller à ce qu’il y ait en place des systèmes pour protéger de la violence sexuelle les populations déplacées, notamment les femmes et les filles; |  |  | veiller à ce que les survivants de violences sexuelles disposent de services médicaux, y compris un soutien psychosocial. |  | | 3. | | Réduire la transmission du VHI par les moyens suivants : | |  |  | veiller au respect des précautions universelles;
|  |  | veiller à ce que des condoms soient offerts gratuitement; |  |  | s’assurer que le sang destiné aux transfusions est sûr. |  | | 4. | | Prévenir la surmortalité et la surmorbidité maternelles et noénatales par les moyens suivants: | |  |  | fournir aux femmes visiblement enceintes et aux accoucheuses des kits d’accouchement hygiénique pour que les accouchements à la maison se déroulent dans de bonnes conditions d’hygiène; |  |  | fournir des kits d’accouchement pour sages-femmes (UNICEF ou l’équivalent) aux établissements de santé pour garantir des accouchements dans de bonnes conditions d’hygiène et sans risque;
|  |  | amorcer la création d’un système de recours, pour gérer les urgences obstétricales.
|  | | 5. | | Planifier la prestation de services complets de santé reproductive, intégrés aux soins de santé primaires (SSP) selon ce que la situation permet, par les moyens suivants :
| |  |  | recueillir des données de base (voir l’Annexe A, Surveillance et évaluation); |  |  | identifier les sites propices pour la prestation future de services complets de SR; |  |  | évaluer le personnel et identifier les protocoles de formation;
|  |  | identifier les voies d’approvisionnement et évaluer la consommation mensuelle de médicaments. | |  | | Quelles fournitures sont nécessaires pour mettre en œuvre le DMU et où les obtenir? Le DMU comprend un ensemble de kits préemballés contenant des médicaments et des fournitures visant à faciliter la mise en œuvre des services prioritaires de SR dès les premiers stades d’une situation de crise. La collecte et l’acheminement de ces kits de SR est la responsabilité de l'UNFPA. Les problèmes logistiques n’étant pas rares, en situation de crise, les agences doivent se préparer en incluant les fournitures de SR dans leurs commandes globales de fournitures médicales. Vous trouverez plus de renseignements sur les modalités de commande de fournitures au chapitre 7. Pourquoi le DMU est-il une priorité? Il est évident qu’il ne faut pas détourner les ressources permettant de faire face à d’autres menaces sanitaires majeures, mais il est essentiel de mettre en œuvre le DMU pour réduire la mortalité et la morbidité qui frappent particulièrement les femmes et les filles. Il existe nombre de priorités sanitaires concomitantes, en situation d’urgence, par exemple lutter contre le choléra, la rougeole, les infections respiratoires aiguës, le paludisme et la malnutrition, mais il faut aussi régler certains aspects de SR tels qu’exprimés au DMU. Au lieu d’essayer de mettre en œuvre une vaste gamme d’activités de SR, limiter la portée de l’aspect santé reproductive au DMU au stade de l’urgence permet de concentrer l’attention sur les mesures essentielles dans les urgences où les ressources humaines et matérielles sont rares. Ignorer le DMU dans une situation d’urgence pourrait avoir quelles conséquences? Ne pas mettre en œuvre le DMU, c’est risquer la vie des personnes déplacées, particulièrement les femmes et les filles. À titre d’exemple, les femmes et les filles peuvent courir le risque de violences sexuelles si elles essaient d’avoir accès à la nourriture, au bois de feu, à l’eau et aux latrines. Leur abri pourrait ne pas suffire à les protéger des intrus; peut-être même sont-elles logées de telle sorte qu’elles n’ont plus de vie privée. Les personnes au pouvoir peuvent exploiter les femmes et les filles vulnérables en limitant l’accès aux biens essentiels en échange de faveurs sexuelles. À défaut de respecter les précautions universelles dans un cadre de soins de santé, on risque favoriser la transmission du VIH aux patients ou aux travailleurs de la santé. À défaut de mettre en place un système de recours permettant d’acheminer les patientes qui ont besoin de soins obstétricaux d’urgence (p. ex., césarienne) vers un établissement de santé équipé en conséquence, les femmes risquent de mourir ou de souffrir de blessures chroniques (p. ex., fistules obstétricales). Le DMU donne les grandes lignes des mesures de base à prendre pour éviter ces conséquences regrettables. Qui est responsable de la mise en œuvre du DMU? C’est aux travailleurs humanitaires qu’il incombe de veiller à ce que les activités prioritaires du DMU soient mises en œuvre. Les activités du DMU ne se limitent pas au personnel de santé reproductive ou même au secteur général de la santé. Le DMU touche tous les secteurs en plus de la santé, notamment la sécurité alimentaire, l’eau et les services d’assainissement, ainsi que le logement.  | La situation est-elle ou non stabilisée? Souvent, il est difficile de savoir quand se termine l’état de crise ou d’urgence et quand commence la phase de stabilité. Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés a établi une définition du travail des situations d’urgence : toute situation menaçant la vie ou le bien-être des réfugiés si on ne prend pas immédiatement des mesures appropriées et qui exige une réaction extraordinaire et des mesures d’exception. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les Centers for Disease Control and Prevention (Centres de prévention et de contrôle des maladies) considèrent que la phase d’urgence est la période où le taux brut de mortalité est supérieur à un décès par 10 000 personnes par jour. Souvent, cette phase se caractérise par des déplacements internes ou transfrontaliers de populations, un changement du pouvoir aux échelons local et national, un effondrement de l’infrastructure (p. ex., les institutions sanitaires et juridiques), des difficultés d’accès à la nourriture et une hausse des taux de mortalité. La phase post-crise commence lorsque les taux de mortalité reviennent au niveau de ceux de la population environnante et que les besoins fondamentaux sont satisfaits. La confiance augmente, en ce qui a trait à la sécurité, les services de santé se sont normalisés et l’on peut introduire des stratégies à long terme et amorcer les activités de renforcement des capacités et de reconstruction. La phase d’urgence peut ne durer que quelques mois, mais la phase post-urgence peut se détériorer et redevenir une crise aiguë si le conflit reprend. Les contextes d’urgence chronique sont souvent marqués par une impasse politique et certaines régions peuvent demeurer en phase aiguë, tandis que d’autres s’orientent vers la phase post-urgence.8 | |  | NOTES | 7 | Cliquez ici pour en savoir plus | | | | | 8 | OMS, Outline Strategy for Malaria Control in Complex Emergencies, 2000 | retour vers le haut |